Une saison de préparation physique basket


Depuis plusieurs saisons, nous avons à charge la préparation physique du groupe élite du club de la banlieue nantaise, le BCSP Rezé. Nous avons eu le privilège de vivre une ascension de National 1 à la Ligue 2 professionnelle féminine ; ainsi que le maintien à ce niveau.

Nous avons souhaité relater l’organisation globale de la préparation physique pour la saison 2017-2018, dans cet article exceptionnel.

Objectifs de la préparation physique club

Cela ne va surprendre personne mais le but du travail effectué en préparation physique était de compléter les secteurs techniques et tactiques mise en places par les coachs du club.

L’objectif principal était de ne pas voir apparaître des blessures graves, puis de développer les qualités physiques des joueuses et de moduler la charge d’entraînement le cas échéant.

Pour ce faire, il a fallu tenir compte des données anthropométriques des joueuses, de leur poste, leur âge, leur expérience basket, leurs antécédents de blessures, leurs faiblesses physiques et leurs qualités.

Organisation globale de la préparation physique lors de la saison 2017-2018 :

La reprise officielle du groupe Ligue 2 féminine a débuté le lundi 14 août 2017. L’article prend en compte cette date jusqu’à à fin mars 2018. Comme lors de la saison passée, à partir de la semaine 37 de septembre 2017, nous avons gardé 2 séances de préparation physique par semaine : une le lundi soir et une le mercredi matin.

Le lundi soir, la séance de préparation physique s’effectuait en gymnase. Elle était entrecoupée de séquence de tirs de 10 minutes environ. Le contenu de ces séances étaient le suivant :

  • Échauffement musculaire calqué sur l’échauffement russe avec une prédominance sur le renforcement de la chaîne postérieure : fessiers-ischio-jambiers-lombaires ; mais aussi, en moindre quantité les trapèzes, deltoïdes et grands dorsaux.

  • Travail des appuis de type gamme athlétique et spécifiques basket.

  • Développement de la puissance maximale aérobie intégrée ou non.

  • Séquences de vitesse (avec ou sans changements de direction) et d’explosivité (en insistant sur l’accélération sur 3 mètres ainsi que sur la décélération).

  • Renforcement musculaire non individualisé (généralement core training), à poids de corps ou avec des charges élastiques, en circuit training ou non.

Le mercredi matin était allouée à une séance de musculation de 80 minutes environ où chaque joueuse avait sa propre séance individuelle. Cette séance avait lieu dans la salle de Crossfit Naoned, donc sans machine (à part le leg curl).

Le contenu de ces séances était le suivant :

  • Utilisation principalement de mouvements fonctionnels (squat, épaulé, jeté, thruster, fentes avant, soulevé de terre, développé militaire, push press).

  • Développement de l’explosivité avec de la pliométrie et des mouvements d’haltérophilie.

  • Renforcement en charge de la chaîne postérieure en analytique (au leg curl, au GHD, tirage élastique pour les trapèzes et les deltoïdes…).

  • Gainage dynamique.

  • Potentiation avec des séquences spécifiques basket.

Répartition horaire de la préparation physique lors de la saison 2017-2018 :

Avec le document ci-dessous, vous pouvez constater que la plupart du temps, l’effectif professionnel a eu 2 séances de préparation physique de 90 minutes par semaine, hors pré-saison estivale.

Le volume semble faible mais la possibilité d’avoir des créneaux supplémentaires est difficile.

Lors de la pré-saison, le nombre de séance augmente jusqu’à 4, avec une prédominance sur les activités autres que le basket.

Répartition des séances de préparation physique au cours de la saison 2017-2018

Planification des cycles sur la préparation physique de la saison 2017-2018 :

Même si le document ci-dessous montre un modèle qui semble rigide, il faut savoir qu’il y a eu des modifications en cours de saison pour les raisons suivantes :

  • Forme des joueurs.

  • Passage de tours du coupe de France et élimination.

  • Importance du match à préparer.

La planification a été individualisée , notamment pour celles qui ont eu des convocations pour l’équipe de France, d’Angleterre ou de Côte d’Ivoire ; et celles qui font leurs études en STAPS.

De plus, certaines joueuses ont eu des besoins spécifiques concernant la préparation physique, comme la vitesse, la force du tronc, le renforcement des fibulaires.

Planification de la préparation physique à la saison, de mi-août 2017 à fin mars 2018

Avec le document ci-dessus, on peut constater que les joueuses ont effectués peu de tests physiques. On y trouve un test aérobie intermittent (le 30-15 IFT) effectué à trois moment de la saison pour essentiellement constater l’évolution de l’endurance intermittente en pendant la saison. A aucun moment les paliers ont été utilisés pour des séances « aérobie ».

Les tests FMS ont été réalisés dès la seconde semaine de la reprise estivale pour évaluer les qualités fonctionnelles des joueuses afin d’agrémenter le cas échéant les programmes individuels sur la mobilité, le gainage fonctionnel et la musculation fonctionnelle.

En novembre, des tests de vitesse et d’explosivité ont été fait, en cohérence avec la planification, avant de débuter le cycle de vitesse.

Le contenu global la préparation physique lors de la saison 2017-2018 :

Répartition volumique en % des thèmes de préparation physique au cours de la saison 2017-2018

Avec le tableau ci-dessus, on constate que la majeure partie de la préparation physique avait pour thème :

  • la musculation.

  • la vitesse.

  • le travail des appuis.

On constate aussi qu’aucune séquence aérobie « pure » a été imposée. Chaque semaine et à toutes les séances les joueuses ont fait de la musculation (pratiquement 50 % de la préparation physique) et ont renforcé la chaîne postérieure.

Pour agrémenter le contenu de la préparation physique, voici une vidéo de quelques séquences effectuées cette saison :

Le bilan sportif de la saison 2017-2018 :

Depuis que nous gérons la préparation physique de l’équipe fanion du BCSP Rezé , l’équipe est montée en Ligue 2 féminine professionnelle et s’est maintenue à ce niveau au cours de la saison 2017-2018. Loin de nous l’idée de nous octroyer les victoires de l’équipe. Ca serait trop simpliste, réducteur et prétentieux. Cependant, nous sommes fiers d’avoir contribué à la disparition des blessures graves qui hantent chaque club de basket féminin (d’après les dernières études : plus d’une rupture des ligaments croisés pour 20 joueuses chaque saison !) et au développement des qualités physiques des joueuses.

Vous avez aimé cet article ? Partagez cette page via :